L’assurance contre les vols et les détournements, ce n’est pas pour vous (2e partie)

By Linda Domenichini, | July 5, 2017 | Last updated on September 9, 2024
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Dans notre article précédent, intitulé « L’assurance contre les vols et les détournements, ce n’est pas pour vous (première partie d’une série de 2) », nous avons analysé trois motifs évoqués par les entreprises pour ne pas souscrire une assurance contre les vols et les détournements.

Dans le présent billet, nous approfondissons le sujet en présentant trois autres motifs, en plus de démontrer la valeur ajoutée qu’une solution bien structurée peut créer. L’assurance contre les vols et les détournements vise à anticiper le risque et fait partie des mesures de diligence raisonnable qui servent à assurer la continuité des activités après un sinistre.

Nous n’avons pas d’argent comptant sur place

Cet argument met malheureusement en lumière de nombreuses idées préconçues répandues au sujet de la criminalité financière au 21e siècle. Certains secteurs d’activité sont exposés au vol d’argent comptant – qu’il s’agisse de la petite caisse, de dons recueillis ou du contenu de la caisse enregistreuse –, mais d’un point de vue global, ces vols représentent en fait un risque très minime. Toutes les organisations, de la petite entreprise locale à l’organisme sans but lucratif en passant par la grande multinationale, déplacent des fonds afin de faciliter la conduite de leurs activités; les factures doivent être payées, les employés doivent être rémunérés, les reçus doivent être comptabilisés et les impôts et taxes doivent être envoyés au gouvernement – et chacune de ces transactions nécessite la manipulation de fonds, si ce n’est d’argent comptant.

Si la majorité des entreprises a abandonné les systèmes de comptabilité de caisse, les fraudeurs se sont également désintéressés de ces systèmes. Les procédés malhonnêtes de fausses factures, d’employés fictifs et de chèques modifiés ou falsifiés sont des exemples bien réels de risques qui ne nécessitent habituellement aucune manipulation d’espèces sonnantes et nous constatons une transition marquée vers des techniques de fraude informatique qui ne concernent jamais l’argent comptant.

La vision dépassée selon laquelle le seul risque important auquel est exposée une entreprise est le vol d’argent comptant est dangereuse et place de nombreuses entreprises en situation risquée. En outre, cette perception erronée est si répandue qu’elle met également en lumière les difficultés qu’éprouve le secteur de l’assurance à bien renseigner les assurés à propos des risques couverts par l’assurance contre les vols et les détournements.

Auparavant, nous avions l’habitude de prendre en charge quantité de risques liés à l’argent comptant. Désormais, à l’exception des quelques secteurs d’activité qui manipulent toujours des espèces, ce risque n’est presque plus jamais assuré. L’argent à la banque est une cible suffisamment intéressante pour les escrocs, d’autant qu’il est généralement moins surveillé que les billets conservés dans le tiroir-caisse!

Très peu de nos employés ont accès à nos comptes

Cet argument est constamment évoqué par les petites entreprises, surtout lorsque les pouvoirs sont très centralisés et partagés entre un propriétaire et un chef de la direction ou un petit groupe de dirigeants. Cette façon de penser présente un certain nombre de risques.

La première préoccupation dans ce genre de situation porte habituellement sur les mesures de contrôle plutôt laxistes qui visent les membres de ce cercle restreint. Il est très rare qu’un haut dirigeant ait besoin d’une contresignature ou d’une autorisation pour déplacer des fonds; ses directives sont peu ou pas surveillées par les membres du personnel et cet état de fait dénote habituellement l’absence d’une séparation des tâches entre certaines fonctions clés, notamment les retraits de fonds et le rapprochement des comptes bancaires. Sans dire que ces personnes clés sont plus susceptibles de commettre une fraude (même si c’est toujours possible!), des mesures de contrôle insuffisantes peuvent être une source, pour une personne mal intentionnée, de failles à exploiter. Pourquoi tenter de franchir le mur le plus élevé si on a accès à un tunnel non surveillé?

En outre, cette croyance tient pour acquis que le plus grand risque vient de l’intérieur. Bien que la fraude commise par un employé demeure la principale cause de perte financière pour la plupart des entreprises, elle n’est plus la grande coupable qu’elle a déjà été. Nous constatons une transition marquée vers des vols et des détournements commis par des tiers qui ne sont pas des employés de l’entreprise qui en est victime. Ces attaques prennent habituellement la forme de piratage ou d’ingénierie sociale (et parfois d’une combinaison des deux) et sont incroyablement efficaces.

Le plus gros risque survient lorsque des tiers réussissent à obtenir les identifiants de connexion aux services bancaires en ligne de l’entreprise pour exécuter des virements bancaires frauduleux. Ces fraudes sont rapides et les montants sont élevés et difficiles à récupérer, puisque les fonds peuvent être déplacés partout dans le monde en un très court laps de temps. Pour obtenir ces identifiants, les fraudeurs ont souvent recours à l’ingénierie sociale (en amenant une personne à communiquer des renseignements par la tromperie), au piratage (en utilisant un enregistreur de frappe ou un autre logiciel d’espionnage) ou à l’hameçonnage (en amenant un employé à se rendre sur une imitation du site Web de services bancaires à partir d’un courriel frauduleux d’apparence authentique, pour entrer, sans se méfier, ses identifiants de connexion nécessaires pour ouvrir une session sur le vrai site bancaire).

Il fut un temps où c’était la peur que des employés se retournent contre elles qui empêchait les organisations de dormir. Si ce danger peut toujours être une source d’insomnie, ce sont désormais les tiers, tenaces, habiles et patients, qui nous obligent à réfléchir à ce qui pourrait se produire une fois les lumières éteintes.

Ce genre de fraude ne se produit jamais dans mon secteur d’activité

Chaque entreprise est unique et nous travaillons d’arrache-pied pour nous démarquer à presque tous les égards. L’effet pervers de cette vision est que les entreprises sont très facilement portées à croire que les expériences des autres ne s’appliquent pas à elle ou à leur secteur d’activité. Il est difficile de voir comment un sinistre causé par un détournement subi par un commerce de détail peut vous arriver si votre entreprise est dans le domaine des logiciels à la demande. Il est difficile de voir comment une fraude liée à un virement d’argent subie par un cabinet d’avocats pourrait se produire chez vous, une société minière.

Par conséquent, il est important d’être conscient que même si chaque secteur d’activité a un profil de risque qui lui est propre, la plupart des risques liés aux vols et aux détournements sont assez semblables. Bon nombre des risques les plus répandus ne sont pas propres à un secteur d’activité, alors nous devons nous méfier du faux sentiment de sécurité que procure la mentalité « pas dans mon secteur ». Les fraudes commises par un fournisseur, les fraudes liées au virement d’argent, aux employés fictifs et autres stratagèmes du genre sont des risques auxquels toutes les entreprises sont exposées sous une forme ou une autre. Absolument aucune entreprise n’est à l’abri de tous ces risques. Le fait de comprendre et d’accepter cette réalité est une première étape importante dans la mise sur pied d’une stratégie de défense efficace et l’exploration de solutions de qualité pour le transfert du risque, dont fait partie l’assurance contre les vols et les détournements.

Nous sommes en mesure d’assumer une perte peu élevée

Supposons que la perte dont il est question est d’un montant peu élevé (p. ex., moins de 100 000 $). Le problème lorsque nous décidons d’assumer une perte peu élevée est que l’équation ne tient pas compte des répercussions réelles de cette perte sur l’organisation, qui sont habituellement beaucoup plus importantes.

Imaginons qu’une entreprise subit une perte de 85 000 $ en raison d’une fraude liée à un virement d’argent commise par un tiers. L’entreprise a deux ou trois millions de dollars « en banque » et estime qu’elle peut absorber la perte. Toutefois, si sa marge bénéficiaire est de 10 %, ces 85 000 $ équivalent à une perte de 850 000 $ de recettes, qui correspond à la somme nécessaire pour récupérer le montant de la perte.

En outre, ces 85 000 $ n’incluent pas les coûts à engager pour embaucher des enquêteurs externes afin de déterminer comment la situation a pu se produire et à combien s’élèvent les dommages exacts. Pour les besoins du présent exemple, présumons que ces coûts sont d’environ 15 000 $, ce qui fait grimper la perte réelle à 100 000 $, soit une perte de recettes de 1 000 000 $. Nous n’avons pas encore pris en compte les coûts internes de l’enquête pour les employés et la question des effets sur le moral des troupes – dont le coût se mesure habituellement en temps perdu et qui ont des répercussions importantes sur la productivité (ce qui n’est pas assurable) –, alors ces 1 000 000 $ sont beaucoup plus difficiles à gagner qu’en temps normal.

Quelle serait la réaction de la direction si le risque de perdre un client qui rapporte 1 000 000 $ devenait une possibilité? Il y a fort à parier qu’elle ferait tout en son pouvoir et envisagerait toutes les solutions pour éviter la perte. Le but n’est pas de faire peur, mais bien d’envisager le coût « réel » de la fraude et peut-être de changer la perception de ceux qui réfléchissent à la pertinence de l’assurance contre les vols et les détournements.

Penser qu’on pourrait être trahi par un employé ou escroqué par un fraudeur de l’extérieur, et planifier en conséquence, est une démarche extrêmement désagréable, mais il faut passer par là pour s’assurer d’avoir les ressources nécessaires si jamais le pire se produit. Une assurance contre les vols et les détournements avec un montant de garantie adéquat est un élément clé de toute stratégie d’assurance efficace. Donc… l’assurance contre les vols et les détournements est peut-être pour vous, après tout?

Pour en savoir plus sur l’assurance contre les vols et les détournements et les protections offertes, communiquez avec votre courtier ou rendez-vous sur notre site Web pour communiquer directement avec nous.

 


Joshua Laycock est le directeur national, assurance contre les vols et les détournements de La Garantie. À ce titre, il est responsable du développement et du maintien à jour des normes de souscription, de l’innovation des produits et des stratégies pour l’un des plus importants portefeuilles d’assurance contre les vols et les détournements au Canada. Il a commencé sa carrière il y a plus de 10 ans auprès d’un cabinet de courtage multinational en assurance de Toronto, occupant les postes de courtier et de responsable de la clientèle dans l’industrie des institutions financières et des services professionnels avant de passer du côté des compagnies d’assurance il y a 5 ans. Il est titulaire d’un baccalauréat en commerce de l’Université de Toronto et il détient les titres de professionnel d’assurance agréé (PAA) et de Registered Professional Liability Underwriter (RPLU). Suivez Joshua : Twitter – @joshua_laycock; LinkedIn – https://www.linkedin.com/in/joshualaycock

 

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Linda Domenichini